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21/01/2010

Pétru Antoni son dernier livre

Pétru Antoni qui a déjà écrit plusieurs livres sur la Corse est intérrogé par des journalistes sur son dernier livre : "Corse de la Pax Romana à Pascal Paoli". Un entretien passionnant qui va vous donner envie de mieux connaître ce corse de Salice et surement de lire ses livres.
 
Voir la vidéo :
 

 

 

 

 

 

De la Pax Romana à Pascal Paoli

Introduction

 

 Si vous le cherchez sur la mappemonde, vous le trouverez sous le nom de Monte Cervello. Interrogez-le : dans sa simplicité altière et débonnaire, il vous invitera à cheminer au creux de ses ravins jusqu’aux prairies arasées qui le couronnent. De là-haut, se déploie un panorama vers l’immensité d’un horizon ouvert sur la mer de Sagone à Portichju, et limité par la barrière circulaire des montagnes scandée par le Cuscione, le Renosu, le Monte d’Oru, le Rotondu, le Cintu et la Paglia d’Orba.

Là-bas et en bas, le regard s’attarde longuement sur les ondulations des collines ou sur les crêtes courant vers la mer parsemées dans un désordre indescriptible d’aiguilles déchirant la pureté du ciel, de monts arrondis courbant le dos sous l’érosion millénaire ou de simples roches, jetant au hasard leurs taches rouges dans le vert sombre du maquis.  Votre vue s’habituera au vertige de l’altitude, au vide des précipices ; vous distinguerez alors des espaces clairs de villages, hameaux ou maisons isolées, et vous vous demanderez ce qui a bien pu inciter des humains à s’installer  ici, là, presque partout au creux de ravins inaccessibles ou au faîte de parois vertigineuses.

Dans le lointain, vers le couchant, une poignée de maisons tente vainement d’escalader les calanques pour se mêler au cortège de la Spusata, c’est Muna. En contrebas, sur un promontoire surplombant un méandre du Liamone, imaginez le Castaldu où Ghjuvanni Paulu di Leca avait résisté à un siège des Génois au XVe siècle[1].  Serait-ce encore à cause de lui que les « Paesi di Cruzzini[2] » furent "déshabités" ?

Là, sous vos pieds, Rosazia se regroupe autour de son église face à Lopigna dont les deux hameaux semblent garder leur distance. À gauche de la crête qui file vers Camprimusgiani, Salice s’étale sur la sulana essayant de  distinguer  là-bas, sur les flancs de Tartavellu, des dizaines de casette éparpillées, abandonnées, en ruine et somptueusement habillées de la verdure luxuriante de l’oubli. Tournez-vous encore vers la gauche et votre regard s’arrêtera sur le Tritorre, refuge de Dumenicu Leca le "Circinellu". Maintenant, levez les yeux vers le Monte d’Oru et la Bocca d’Oreccia, vous devinerez Azzana, Rezza et Pastricciola qui n’étaient que des hameaux dits du Fiuminale par les évêques de Sagone.

À présent, dans la direction de la Paglia d’Orba ne cédez pas à la tentation de trop admirer le Cinto, puisque Ortu au pied du Sant’Eliseo vous montre le chemin du lac de Creno. Si vous choisissez de suivre le Fiume Grossu à Guagno, vous ne tarderez pas à déboucher sur le Liamone, vous savourerez le miel de Murzu et serez tenté de gagner Vico. Dans le Palazzu, Sampiero Corso y avait établi son état-major avant de conquérir la sympathie et la gouvernance de presque toute la Corse. C’est de là qu’il partit le 17 janvier 1567 vers ce qui n’aurait pas été son destin sans la trahison de Vittulo, son majordome. C’est à Vico aussi que les Génois organisèrent en 1460 le festin assassin à l’issue duquel vingt seigneurs corses furent exterminés à l’exception de Ghjuvanni Paulu di Leca, encore enfant.

Revenez à Guagno, vous y trouverez le souvenir du prêtre "Circinellu". Chapelain et fidèle de Pasquale Paoli à Borgu, Ponte Novu, Vivario et Ponte alle Peri, il fit et assuma sans réserve le serment de mourir, faute de ne pouvoir vaincre.

Au cœur de ces vallées, Marcu Aureliu, dont le destin va se mêler à celui de personnages historiques acteurs des révoltes et des luttes de libération, raconte la Corse dans la tourmente de l’histoire à son aimée Lucrezia.

Au regard du concile de Trente leur amour était-il vraiment impur, voire incestueux ? Mais qui était donc Marcu Aureliu ? …

 



[1] ─ En 1489, en représailles à la révolte de Ghjuvanni Paulu di Leca, les Génois "déshabitent" Arbori, Lopigna et rasent le château du Castaldu. On peut penser que Salice, qui ne portait d'autre nom que celui de San' Ghjuvanni, subit le même sort et vit une partie de sa population déportée vers des zones côtières, insalubres, mais plus aisément "contrôlables" par les occupants.

[2] ─ Simples hameaux ou maisonnettes isolées, "Argia, Vignamagiore, Le Piane, Lompriccia, lo Quarcio, Belbruno, La Pianella, Fonda, Vittijo, Vegliarra, Rezza, le Capelle, Landridaccia, Azzana, Gotticiani, Londa, Bocca le Forte, Rudone, Lo Favale, Terrese, Frassetu".

Rapport de la visite pastorale du 16 juin 1728. (Diocèse de Sagone. Évêque Pier Maria Giustiniani).

(Archives départementales de la Corse-du-Sud, cote 5G4/1).

 

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07:44 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : antoni, salice, livre