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30/03/2009

Extrait " Du dernier diseur de paix " P. Antoni

Extrait du livre de Petru ANTONI

Rosazia : Entre une vie qui se termine et celles qui commencent.

En Mai dernier, j’arrivais à Rusazia pendant que les cloches sonnaient le glas. L’âme de ziu Ghjuliu s’en était allée vers..., qui sait ? En entrant dans sa maison, je me disais en le regardant : “en montant pour la dernière fois par l’ubac, l’ombre de Rudone avait poussé le reflet du soleil, pour le faire disparaître à jamais, de l’autre côté du col de Tartavellu”. Sur un lit blanc, vêtu de ses habits les plus neufs, le mort reposait, un crucifix serré entre ses mains jointes sur la poitrine. Il semblait loin de toutes les misères et les joies de son existence, plongé dans une apaisante et ultime prière, les paupières closes sur ce monde éphémère, les yeux ouverts sur l’Autre, éternel. Mon recueillement s’ajoutait à la peine silencieuse des parents, interrompue de temps en temps par un sanglot.
Soudain, dans la chambre mortuaire obscure, éclairée faiblement par la lueur vacillante de deux chandelles, s’engouffra la musique de voix frêles et limpides :
« C’est le mois de Marie,
C’est le mois le plus beau,
A la Vierge Marie,
Chantons ce chant nouveau. »
Stupéfait, je m’attendais à voir, comme sur les tableaux des églises, quelques anges lumineux descendre du plafond, chercher l’âme de ziu Ghjuliu.
Interrompant sa prière, zia Mattea me chuchota :
– Ce sont nos enfants ; ils préparent leur première communion.
Les accents joyeux à la Vierge Marie provenaient de l’église proche, face à la maison, de l’autre côté de la petite place.
Les enfants chantaient la joie, l’avenir, la vie, sans oublier de demander déjà, des grâces pour le premier jour de leur arrivée au ciel, à cent ans :
« Prends ma couronne,
Je te la donne,
Au ciel n’est-ce pas,
Tu me la rendras... »
Dans la chambre mortuaire, les accents de ces cantiques joyeux étaient une victoire sur la mort. Moi-même, Diseur de Paix, je me suis trouvé ici, lien entre une vie qui s’achevait et d'autres vies qui commençaient.
Le présent de la vie nous semble long, immuable, arrêté. Il n’est pourtant qu’un reflet de soleil jouant sur la muraille. [.....]

[...] Rusazia : Trà una vita chì compie è quelle chì cumèncenu.
Di maghju scorsu, ghjunghjìu in Rusazia, mentre chì e campane sunàvanu à murtoriu. L’ànima di ziu Ghjuliu si ne era andata versi..., qual’hè chì sà ? Entrendu ind’a so casa, vidèndulu, mi dicìu : “cullendu per l’ùltima volta par l’umbriccia, l’ombra di Rudone avìa puntatu a spira di u sole, per falla sparisce senza ritornu, ind’a Bocca di Tartavellu”. Nantu à u lettu biancu, vistutu di i so panni i più novi, u mortu arripusava, un crucifissu strintu ind’e sò mani agghjunte sopra lu pettu. Parìa ch’ellu fussi luntanu da tutti i guai è e gioie di a so vita, racoltu in un’ ùltima prighera, e pènule sarrate annantu à issu mondu effimeru, l’ochji aparti versi l’Altru, eternu. U me racugliimentu s’aghjustava à a pena silenziosa di u parintatu, intarrotu ogni tantu par un singhjozzu.
D’un colpu, a stanza murtuària oscura, à pena schjarita da a luce trimulante di duie candele, fù impiuta da un coru tènnaru, di voce frale è chjare :

16:26 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : rosazia, petru antoni, décès

06/02/2009

Le fromage du Niolu Petru ANTONI

Le fromager niolin. La fête religieuse de Casamàccioli, la granitula.

Extrait de Petru ANTONI « le dernier diseur de Paix » « l’ùltimu paciaghju »

« Achetez fromage et brocciu ! »

Une ou deux fois l’an, un berger du Niolu arrivait avec sa mule, pour vendre dans les villages de Rosazia, Salice et Carba, la cargaison de ses produits, contenus dans des caisses fixées de part et d’autre de la selle de sa monture et recouvertes de toile de jute. Petit, courbé par des années de dur labeur, perché sur la pointe des pieds ziu Ghjuliu Antone soulevait un coin de la toile, laissant s’échapper une inoubliable odeur, musc salé et acide des barres rocheuses tapissées de genêts et hérissées de cytises. Il en extrayait un fromage affiné d’où jaillissaient parfois de petits vermisseaux, le caressait comme une chose sacrée, avant de le poser sur le plateau d’une balance romaine, suspendue par un crochet au pouce de sa main gauche. Après avoir équilibré le fléau et glissé l’ongle du pouce de l’autre main dans l’encoche, afin de bien marquer et montrer la position du poids, le fromager annonçait en clignant malicieusement de l’œil :
– Voici chère amie, deux livres de bon fromage de chèvre, ce qui nous vaut trois francs et cinq sous. Il
me plaisait d’apprendre et de savoir :
–Ozì’,fabriquez-vous le fromage vous-même ? comment le faites-vous ?
–Oh oh ! Ce fromage de chèvre niolin ! Il est très apprécié pour son parfum de montagne, qui flatte
l’odorat avant de livere sa saveur unique.
L’estomac de cabri tué après la tétée renferme un lait caséeux. Cette caillette séchée, contenant la présure, est conservée pour les besoins d’une année dans un sac en peau de chèvre, accroché au plafond de la bergerie. Préalablement liquéfiée, versée tiède avec mesure dans un récipient en cuivre rempli de lait, remué lentement, la présure provoque un caillement après trois à quatre heures d’attente. Le berger verse alors le caillé dans des moules en roseaux tressés, posés sur une éclisse légèrement inclinée. De cette planche cannelée, le petit-lait s’écoule dans un chaudron, avec un léger gargouillis. Le fromage obtenu après égouttage est, pendant plusieurs mois, régulièrement manipulé avec une solution salée, et affiné dans le frais abri d’une grotte aménagée en fromagerie.
– Ozì’, est-ce que la présure et le sel sont suffisants pour faire un bon fromage ?
– Mon enfant, en plus il faut la manière, du savoir-faire et la volonté de bien faire !
- Eh bien... ! Et le brocciu, comment le fait-on ?
Le brocciu ? C’est en ajoutant une part de lait entier à six parts de petit-lait. Mis à feu doux dans un chaudron, le petit-lait est maintenu tiède pendant une demi-heure environ. Au terme de cette durée, le berger sait par expérience, le moment où il peut ajouter le lait, tout en remuant lentement. En augmentant faiblement la température, le mélange va former des grumeaux. Comme pour le fromage, le berger verse ce caillé dans des moules en roseaux disposés sur une planche cannelée. Après égouttage du petit lait, on obtient un brocciu frais.
En me frappant la poitrine, je n’ai pu m’empêcher de lui dire :
–Hum quel délice ! Qu’y a-t-il de meilleur o zì’, qu’un morceau de brocciu frémissant, sucré et arrosé à l’eau de vie ?
–Oh ...!Celui-là....le petit glouton !
Le fromager-berger et sa mule étaient toujours hébergés par les villageois, selon leurs faibles moyens. Lorsqu’il couchait dans notre maisonnette, ziu Ghjuliu Antone me parlait des villages du Niolu, Calacuccia, Albertacce, Casamàccioli, Calasima. Il me racontait la vie dans les bergeries de l’Arinella, de Bicarellu,...
L’envolée noueuse et ravinée du Monte Cintu, la Punta Minuta, la Paglia Orba, le Capu Tavunatu, crocs de renard à l’orée de la crête lointaine et nébuleuse,... je les contemplais ces jours derniers des pentes du Tritorre … et je rêvais de voyages dans ces contrées.
Ce berger me disait :
–Sais-tu Bastianu, que le 8 septembre à Calacuccia, c’est la fête de la Santa ?
–La Santa est aussi fêtée à Lopigna à Lavasina, …
–C’est juste, mais dans le Niolu, c’est la plus belle. La procession se déroule sur le champ de foire, en granìtula.
–En granìtula qu’est-ce c’est ?
– Voilà ! La confrérie de saint Antoine et les fidèles en file tournent en formant un cercle qui se resserre. Arrivé au centre, la tête de file se retourne et tourne dans l’autre sens. Ainsi, la procession se déroule et s’enroule en même temps. C’est un miracle, qu’elle ne se termine jamais en désordre.
– C’est parce que cela rappelle les grains du chapelet du rosaire, qu’on l’appelle la granitula ?
– Non ! Non ! C’est parce qu’elle fait penser à la spirale d’un coquillage marin, la granitula.
Ziu Ghjuliu Antone, ne tarissait pas de parler :
– La fête religieuse donne lieu à une foire, renommée dans toute la région. Les bergers vendent, achètent et échangent des chèvres, des brebis, des bovins, des mules et des ânes. Les artisans proposent : bâts, selles en cuir, clochettes, sonnailles, harnais, paniers, couffins, tamis, balances, sacs en peau de chèvre et de porc, casseroles, poêles... On y trouve tout ce dont on a besoin, à la foire de Niolu.
Ne crois pas que je vais oublier les jambons, les saucissons, le lonzu et aussi l’huile d’olives du Cruzinu, la farine de châtaignes de Guagnu, le miel de Murzu et le vin de Cinarca. Le vin qui fait chanter poètes, bergers et charretiers. L’improvisation des “chjama è rispondi et les “paghjelle résonnent jusqu’à l’aube, sans décourager les danseurs du rigodon et de la polka.
Tout jeune homme je l’écoutais en me disant :

« Quand je serais grand j’irai moi aussi à la foire de Niolu »

10:19 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : rosazia, niolu, antoni

22/01/2009

Mariages familles ANTONINI

Mariages à Rosazia des familles ANTONINI de 1809 à 1901


ANTONINI Marie Jeanne 2 novembre 1809 PINELLI Barthelemy

ANTONINI Marie 22 novembre 1809 PINELLI Xavier

ANTONINI Joseph 3 mai 1812 BATESTI Anne Marie

ANTONINI Lucie 26 juillet 1812 PINELLI Antoine Laurent

ANTONINI Pietro Maria 28 février 1813 ANTONINI Maria Francesca

ANTONINI Maria Francesca 28 février 1813 ANTONINI Pietro Maria

ANTONINI Laurenzo 19 mars 1817 MARCHI Andrea Antonio

ANTONINI Paola Maria 23 novembre 1817 NIVAGIOLI Guiseppe

ANTONINI Maria Francesca 1 août 1819 PINELLI Ambroggio

ANTONINI Gio Simone 29 avril 1821 PINELLI Angela

ANTONINI Jean Martin 17 novembre 1823 FILIPPI Jeanne

ANTONINI Magdelaine 29 février 1823 FILIPPI Philippino

ANTONINI Mathée 11 septembre 1825 FILIPPI Antoine Dominique

ANTONINI Jean Dominique 16 octobre 1828 PINELLI Marthée

ANTONINI Laurent 21 septembre 1834 ANTONINI Magdelaine

ANTONINI Magdelaine 21 septembre 1834 ANTONINI Laurent

ANTONINI Dominique 31 juillet 1835 ANTONINI Marie

ANTONINI Marie 31 juillet 1835 ANTONINI Dominique

ANTONINI Antonna Angélique 4 août 1836 FILIPPI Barthelemy

ANTONINI François Xavier 14 novembre 1844 PINELLI Marie

ANTONINI Xavière 15 décembre 1844 BATTESTI Jean Paul

ANTONINI Toussainte 12 octobre 1844 MARCHI Marc

ANTONINI Xavier 10 février 1845 ANTONINI Jeanne

ANTONINI Jeanne 10 février 1845 ANTONINI Xavier

ANTONINI Toussaint 2 septembre 1850 PINELLI Magdelaine

ANTONINI Marie 28 avril 1850 PINELLI Martin

ANTONINI Xavier 4 septembre 1851 DARY Angèle Françoise

ANTONINI Mathieu 26 janvier 1855 MARCHI Marie Françoise

ANTONINI Pauline 18 juin 1860 CASSA André

ANTONINI Marie Anne? 26 juin 1862 MARCHI Dominique

ANTONINI Nonce 20 septembre 1866 PIETRI Josephine

ANTONINI Marie 25 août 1870 PINELLI Martin

ANTONINI Jeanne 2 février 1872 PINELLI Jean Dominique

ANTONINI Laurent 28 octobre 1880 PINELLI Claire

ANTONINI Angele Lucie 30 décembre 1880 PINELLI Michel

ANTONINI Marie Antoinette 6 octobre 1881 DARY Pierre

ANTONINI Antoinette Laurentia 22 octobre 1889 DESANTI Jean Joseph

ANTONINI Thérèse 5 novembre 1892 PINELLI Joseph

ANTONINI Marie Françoise 29 septembre 1892 PINELLI Camille

ANTONINI Jeanne 2 juillet 1898 PINELLI Laurent

ANTONINI Lucie Toussainte 24 novembre 1900 ARNAUD Jean André

ANTONINI Anne Marie 22 avril 1901 GUGLIELUCI Charles