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16/05/2009

Bandit corse légende ou réalité

Théodore Poli

Extraits de : Les bandits corses et leurs légendes, Elie Papadacci

 

Au début du siècle dernier régnait dans le maquis à la tête de quelques dizaines d’hommes le bandit Théodore Poli avec qui il avait fondé la « République des bandits ».
Ce redoutable Théodore Poli avait pris le maquis parce que réfractaire de la classe 1819. Arrêté le 14 février 1820 à Guagno, il est conduit à Ajaccio sous escorte, mais arrive à s’enfuir après avoir tué un gendarme.
Figure intelligente, l’œil vif, un corps grèle et chétif, Théodore était doué d’un grand courage malfaisant. Protégeant les femmes, et les foyers, il agissait en justicier ne connaissant que Dieu et la justice, la sienne.
A un moment donné son renom était tellement grand et si populaire dans l’Ile, que l’Angleterre qui avait abandonné la Corse en 1796 et qui avait toujours des vues sur l’Ile, lui envoya une manière d’ambassadeur. Poli reçut le messager anglais, paraît-il, dans le maquis, avec hauteur, en lui disant « Regardez-moi bien ? Suis-je un traître ? La Corse est française, les Corses sont français et veulent le rester. Allez monsieur et ne revenez plus. »
En juillet 1822, raconte Robiquet, Théodore et trois autres bandits de grand renom qui terrorisaient la région, Gallocchio, Gambini et Sarrochi, s’étant rendus à la montagne de Rusio, s’emparèrent de la récolte de blé d’un paysan, un nommé Frédérici, après avoir pillé sa maison.

 

Théodore Poli s’attaque aux curés :


En avril 1823, Théodore Poli accompagné d’autres bandits, sommèrent les curés de deux petits villages de Poggiolo et Orto, de leur remettre une somme de 300 francs. Cette somme n’ayant pas été payée, ces représentants de Dieu reçurent une lettre dans laquelle les bandits menaçaient de supprimer la vie des braves curés : « Aussitôt que vous recevrez cette lettre nous vous ordonnons de venir avec celui qui vous la remettra et d’apporter la somme de 600 livres… Nous vous prévenons que si vous ne versez pas cette somme aujourd’hui à l’endroit indiqué, votre vie en répond ainsi que vos biens, les animaux comme les choses inanimées. Nous exterminerons tout sans aucun égard. Peine de mort pour quiconque ira chercher des subsistances pour les deux curés. Nous vous saluons et vous tiendrons parole. Le temps expire aujourd’hui. » On ne connaît pas la suite.
On dirait que les curés étaient une belle cible pour ces hors-la-loi. Théodore Poli n’a-t-il pas voulu rançonner l’abbé Gaffory Barthélémy curé de Castifao, village des environs de Corte ? Lorsque quelques partisans de sa bande se présentèrent le lendemain de la sommation pour recevoir les écus demandés, ils trouvèrent le presbytère occupé par les paroissiens armés qui firent feu et blessèrent l’un d’eux. Les bandits n’insistèrent donc pas et disparurent. Mais le curé ne circula jamais plus dans la région sans âtre accompagné d’une garde de corps.
Le même coup fut tenté par les mêmes bandits contre le curé de Casaglione, l’abbé Colonna qui était gardé par ses deux neveux. Lorsque Poli accompagné de ses gardes, se présentèrent pour avoir la rançon, commençant par enfoncer la porte du presbytère, les défenseurs du curé embusqués derrière l’église envoyèrent une salve qui fit battre en retraite Poli et ses gardes, sans écus bien entendu, mais Poli avait une balle dans l’épaule.
En 1824, deux voltigeurs corses escortaient des mulets qui transportaient des vivres de Vico à Orto, à un moment donné ils essuyèrent des coups de feu provenant du maquis, tirés par Théodore et un de ses gardes. Un des voltigeurs est tué ainsi qu’un paysan qui les accompagnait. Ce dernier n’était autre qu’un neveu de Théodore Poli qui ne l’avait pas reconnu, et qui ressentit une vive douleur, prétextant qu’il n’avait voulu attaquer que les voltigeurs.
Robiquet nous conte encore, que le 7 février 1825, l’abbé Leca du petit village de Pastricciola reçut une lettre de Théodore par laquelle ce dernier le sommait de remettre 20 francs à son messager. L’abbé, épuisé par plusieurs rançons déjà subies, ne put remettre que 10 francs, et s’excusa par un billet. Aussitôt il reçut un second message dans lequel Théodore lui disait qu’il pourrait lui arriver malheur s’il ne s’acquittait pas de la somme.
Le pauvre curé fut alors obligé d’emprunter la somme de 10 francs qu’il envoya au bandit avec une lettre d’excuses.
Le même fait arriva les premiers jours de juillet 1825 au nommé Xavier Leca qui reçut une lettre de Théodore par laquelle ce dernier lui enjoignait de remettre une somme de 70 francs… La somme n’ayant pas été versée, Leca fut arrêté quelques jours après par Théodore et un autre bandit Gaffory qui menacèrent de le tuer, ils le gardèrent deux jours prisonnier, et ne le lâchèrent qu’à la demande du frère de Théodore, contre lequel les parents de Leca menaçaient d’exercer des représailles.
Toujours Théodore. Le 16 juillet 1825 un nommé Filippi du petit village de Rosazia, des environs de Vico, où régnait Théodore, revenait de travailler avec deux autres compagnons, lorsqu’ils furent arrêtés par Théodore Poli et Gaffory. Théodore reprocha à Filippi de l’avoir espionné. Malgré les dénégations et les prières de Filippi, Théodore, après lui avoir ordonné de dire sa prière le fusilla à bout portant, non sans avoir laissé un petit billet adressé au maire du village, où il disait « que Filippi avait mis à mort pour avoir servi d’espion contre lui ».

 

                                                                                                  Elie Papadacci

Commentaires

tre joli site felicitation

Écrit par : ORSINI | 29/06/2010

Très intéressé par votre site, d'autant plus ue je suis originaire du Cruzzinu. Mes grands parents paternels sont issus de Rezza et mes parents maternels de Rosazia. Mon grand père maternel était un GAFFORY ( une relation quelconque avec le personnage dont M. PAPADACCI parle ?) Je suis intéressé évidemment pour tout renseignement. Merci d'avance. J.Nicoli

Écrit par : NICOLI Jean | 08/02/2011

Bonjour,
Merci pour votre message.
J'ai trouvé dans les mariages célébrés à Rosazia des "GAFFORI"

GAFFORI Marie 26 juin 1841 PINELLI Dominique
GAFFORI François 8 avril 1845 PINELLI Antoinette

Ces informations concernent-elles votre famille ?
Cordialement
Jean-Claude MARCHI

Écrit par : Jean-Claude.Marchi | 09/02/2011

Personnellement j'adore ce genre de récit où il est parfois très difficile de savoir si c'est une fiction ou bien du vécu.
Peut être pour la simple et bonne raison qu'il y a toujours un peu de vrai dedans

Écrit par : Camping corse | 28/03/2011

Les commentaires sont fermés.